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[l’art du pénis - arrêt] Pédagogue , démoniste gangréné jusqu'a la moelle

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[l’art du pénis - arrêt] Pédagogue , démoniste gangréné jusqu'a la moelle

Message  Wooki le Jeu 13 Sep - 22:37

Démoniste - Pédagogue


------- PRÉSENTATION PERSONNELLE -------


- Présentez vous en quelques lignes :
Matthieu 21, gendarme-adjoint en psig (elénâ vous expliquera^^ x)
- Avez vous TS, Skype, Mumble et un micro fonctionnel : Les 3 et oui !

------- PERSONNAGE -------


- Arbre de talents : y'en a plus y'en a plus ^^

Détaillez votre arbre de talent. Pourquoi selon vous ce arbre est mieux adapté. haha mystère et boule de geisha..

-Glyphes :
http://i39.servimg.com/u/f39/17/79/39/53/wowscr10.jpg


Détaillez les glyphes. Pourquoi celles-ci et pas d'autres:

l'éclat supplémentaire offre un temps de dps prolongé, le retour de 20% de vie sur la corruption se calcule en milliers de PV sur un combat total (soulagement pour les heals) et l'échange d'âme pour le multicible , le démoniste affliction étant légèrement démuni d'aoe "efficace" depuis la 5.0.4, et la glyphe de l'ame? parcequ'avoir 10% de 30% de hate tout le temps et moins 10% pendant 30 sec c'est mieux que simplement 30% pendant 30 sec seulement, surtout pour l'affliction x)


- Apercu de votre interface :

http://i39.servimg.com/u/f39/17/79/39/53/wowscr12.jpg
Omen, dbm ,warlock remidner, Dotimer,forcexsit



- Config PC :
Indiquer ici rapidement la configuration de votre ordinateur.
i7-3.6ghz ,6 go de rame, AMD radeon HD 6570

- Avez vous d'autres personnages dignes d'être cités ?
non - mais quand même ^^ en reroll j'ai un chaman 85 (alchi/mineur) un guerrier , forge/joailler, un hunt depeceur/tdc



------- EXPÉRIENCE -------

- Depuis combien de temps jouez vous ? Vanilla enfin la fin ^^ qaund on allais passer a bc a quelques mois près, et j'ai jouer depuis lors en gros 3 mois de jeux pour 3 mois de poses , mais pour MOp je suis décider à être actif Smile


-Quelle est votre expérience PvE Cata?
Dragon Soul : Clean en LFR/Nomal 8/8 et hm 8/8
Firelands : 7/8 normal
Bastion : Clean en normal
4 Winds : Clean normal
Descente : Clean en normal

- Quelle est votre expérience PvE WotLK ?
Palier T7 : Clean vous vous souvenez du "glas sinistre" le bijoux avec hate et arpen... je l'avais obtenu dans un 25 avec un rand 10 et 12 joueurs qui ont rand en dessous de moi x)
Ulduar : 6 down sur le total de boss (à l'époque)
EDC : Clean en 10&25
EDGC : 2/5 si je me souviens bien^^
ICC : Clean en jusqu'a la reine de sang en 10 et 25
ICC HM: peut être l'assaut de la citadelle en hm, me rappel plus x)
Halion : 2/3 x)
Halion HM : pas touché

- Quelle est votre expérience PvE BC ?
palier 4, karazhan clean ainsi que des try jusqu'au rondeur des profondeurs a scc
Sunwell pas touché^^

------- ANTÉCÉDENTS -------


- Quelle était votre ancienne guilde, et pourquoi l'avez vous quittée ?
J'ai quitté la guilde "alunae" Parcequ'elle migre sur un autre serveur et pire encore chez les peaux vertes^^

- Quels sont les raisons pour laquelle vous voulez intégrer notre guilde ? Que pensez vous apporter ?
Parceque je connais elénâ irl? que vous êtes une assurance de pve hl (ce qui manque cruellement au serveur), que vous apporterais je? un démoniste ^^ persévèrent et plutôt sympa (need confirm elénâ^^)

- Quels sont vos horaires de disponibilité ? (Minimum 4 soirs par semaine de 20h30 à 00H00)
Dispo les 4 soirs de la semaine demandé de 20h-00h00. (je garde 2 jours par semaine pour ma copine assurément)
- Quel est votre temps de jeu hebdomadaire ? 2-4h
Varie selon les semaines mais je tiens mes 4/7 à 100%.

- Avez vous récemment postulé dans une autre guilde ? lunae il y a un mois quand ils recrutaient activement pour MOP
Avez vous postulé dans une autre guilde en même temps que cette présente candidature ? Non, je sais ce que ça engendre ^^

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Re: [l’art du pénis - arrêt] Pédagogue , démoniste gangréné jusqu'a la moelle

Message  simag le Ven 14 Sep - 17:32

Yo, content que tu postules aussi vite Smile
Comme dit précédemment sur skype, je ne connais pas grand chose au démo, mais cependant j'ai une petite question quand même j'ai un peu de mal à voir tes binds...
Donc utilisent tu des binds pour jouer, et dans quelle proportion à peu près??
Voila^^
Bon weekend
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Re: [l’art du pénis - arrêt] Pédagogue , démoniste gangréné jusqu'a la moelle

Message  Wooki le Ven 14 Sep - 17:42

j'ai acheter une souris 11 touches Smile

et je place mes sorts dans l'ordre dans lesquels je les balances dans la barre^^ avec des raccourcis clavier pour le burst

tout mon cycle est en key blind souris , les utilitaires plus rares eux je clique dessus genre un asservir un démon ....

mon cycle dps en dépklacement consiste a spammer deux sorts instants donc bon sa va ^^

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Re: [l’art du pénis - arrêt] Pédagogue , démoniste gangréné jusqu'a la moelle

Message  Tarissa le Lun 17 Sep - 21:27

un message de gnomette va poper sous peu
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Re: [l’art du pénis - arrêt] Pédagogue , démoniste gangréné jusqu'a la moelle

Message  Wooki le Mer 19 Sep - 17:32

*pédagogue attend la gnomette avec une patience digne d'un démon en proie à la destruction massive....*

en plus les gnomes ça brûle bien....

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Re: [l’art du pénis - arrêt] Pédagogue , démoniste gangréné jusqu'a la moelle

Message  Duce mes Couettes le Mer 19 Sep - 22:07

Wooki a écrit:Démoniste - Pédagogue
boule de geisha..
confirm elénâ^^

Voila de rien!

Sinon pour ce qui est du pve.

A notre niveau ce qu'on cherche actuellement c'est un distance qui sait jouer. On a une préférence pour un hunt, après un démoniste n'est pas du tout déconnant. Le dps des démonistes n'a jamais été dégueux et de plus c'est une classe qui apporte pas mal de choses sympathiques au raid.

Quand j'entends un distance qui sait jouer ça englobe plusieurs choses:
- Une connaissance de sa classe optimisation stuff, spé, buff bouffe, flacon etc ...
- Quelqu'un qui ne rechignera pas à aller fouiner sur les forums, videos, les logs, ... pour assurer un apport au raid à la mesure de ce que fournissent les autres membres du raids.
- De savoir appliquer des strats que nous avons mis en place et éventuellement capable de participer à l'évolution de la strat en fonction de ce qu'il aura vu du fight (ce sont des petites choses qui font très vite la différence)

Tout ceci concerne uniquement la partie "performance" d'un dps dans notre raid.

Pour ce qui est de l'extra raid. Comme a du te le dire elenna et de ce qui est ressorti de notre raid sur ds, nous avons une ambiance vraiment cool. On déconne facilement, on se raconte des conneries, ... bref on a un raid qui vie très bien. Si tu n'as pas peur de use ton micro, tu pourras t'intégrer facilement. Cependant ( car il a toujours un mais), l'objectif est toujours le même et a globalement toujours été compris par les joueurs sur DS. Nous sommes un ensemble de joueurs, qui voulons de la performance. La performance passe par des choix et des sacrifices:
- Savoir prévenir de ses dispos mini 2-3 jours à l'avance. Hors imprévus très occasionnel.
- C'est tenir ses présences. Toujours avoir l'esprit qu'on joue sur un mmo avec une dizaine de personnes et que nous sommes tous inter-dépendant.
- C'est être honnête lorsque nous devons faire des choix de composition raid. Le seul truc qui nous intéresse c'est l'avancée du raid, uniquement et définitivement. Clairement les choix de compo raid sont expliquées si besoin (même si globalement on l'explique toujours) mais ne sont pas discutables et nous ne perdront pas de temps à expliquer pendant des heures pourquoi tel personne est prise et pas une autre. Ce point est très important.
- Comme je l'ai dit plus haut on a raid "participatif". Une personne amorphe qui glisse sur la vague ne raidera pas longtemps. On veut des gens vivants. Ce n'est pas forcément raconter sa vie sur le mumble réagir à toutes les blagues ou aux histoires d'enfance de simag. C'est dire bonjour sur le mumble, au revoir, répondre aux questions lorsqu'on a des questions après un try, etc ...
- A oui pour les loots nous faisons une attribution direct. Ce sont les off qui décident sur qui part les loots ou s'il y a un rand toujours dans un soucis d'optimisation raid. On a toujours fonctionné comme ça et tout le monde si retrouve.

Voici un recap de ce que l'on attend d'une personne qui vient chez nous.

Au niveau de ta candidature.

Honnêtement, je ne pense pas qu'on puisse se faire un avis une semaine, une 1/2 semaine, avant la sortie de mop. Le bon point c'est que tu connais elenna donc il a déjà du te parler de ce que j'ai mis plus haut.
A mon niveau mais je pense que les gens de la guilde seront d'accord (/cast GnomaTyrannie), je te proposerais bien un guildage de suite. Tu pop dans la guilde tu fais connaissance avec les gens. Le pexing se passe, on fait des héros en guilde, on voit ce que tu donne en héro. On fait un premier bilan. Si c'est convainquant et que tu es impliqué (farming, dps, gameplay, intégration, présences, ...) on t'emmène en raid. Et on regarde comment tu évolue en raid car les héro c'est mignon mais que 5 min Smile. Je dirais à la louche que mi-octobre on saura si ça le fera et fin octobre on pourra dire définitivement si c'est ok.

Bien évidemment la postulation est pour tout le palier, si tu sais que tu vas dépop au milieu ce n'est pas la peine. Smile

Si tout ce que j'ai mis te semble en adéquation avec ce que tu peux apporter et ce que tu recherche welcome. Tu wisp chamoonette,simag, tarissa, bôrgût ou Åsstarte et tu seras guildé en test.

Premier wall du T14.

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Re: [l’art du pénis - arrêt] Pédagogue , démoniste gangréné jusqu'a la moelle

Message  Bôrgût le Jeu 20 Sep - 10:04

[quote="Duce mes Couettes"]
Wooki a écrit:
A mon niveau mais je pense que les gens de la guilde seront d'accord (/cast GnomaTyrannie), je te proposerais bien un guildage de suite.

/cast Forme de pierre

Je résiste à la GnomaTyrannie pour dire que je ne suis pas d'accord.


































Mais comme d'habitude c'est pour faire chier.
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Re: [l’art du pénis - arrêt] Pédagogue , démoniste gangréné jusqu'a la moelle

Message  Duce mes Couettes le Jeu 20 Sep - 10:51

Peux tu détailler cette partie stp? Merci.
Bôrgût a écrit:





































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Re: [l’art du pénis - arrêt] Pédagogue , démoniste gangréné jusqu'a la moelle

Message  Wooki le Jeu 20 Sep - 11:49

Bon bah j'accepte hein ^^ le seul effort que j'ai à faire c'est d'aller lire les strats pour mop ^^

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Re: [l’art du pénis - arrêt] Pédagogue , démoniste gangréné jusqu'a la moelle

Message  Bôrgût le Jeu 20 Sep - 12:07

Duce mes Couettes a écrit:Peux tu détailler cette partie stp? Merci.
Bôrgût a écrit:







































Feinte d’ignorance, l’ironie socratique produit paradoxalement du savoir. La maïeutique conduit, sous couvert de la naïveté simulée, à la philosophie, c’est-à-dire à une réflexion consciente d’elle-même et des conditions de son advenue. L’ironie artistique procède de même. Par son retrait du savoir-faire, elle déconstruit l’habilité technique de l’artiste, révèle le surcodage des matériaux, de l’esthétique et de l’institution artistique, afin de mettre en évidence - de manière éclatée - l’essence de l’art. On peut affirmer que l’art contemporain, en raison de l’émiettement des avant-gardismes, ne peut être qu'ironique s’il entend maintenir sa fonction critique. Cependant, cette poly-fracture du discours critique et la dispersion des courants nous obligent à réexaminer les stratégies plurielles de l’ironie artistique qui porte tour à tour sur le matériau, le style, l’iconographie ou l’encadrement institutionnel. Globalement, nous pourrions la définir comme attitude déconstructive, une mise à plat de la forme, langage surajouté à un matériau que le savoir-faire dissimule par le geste même de sa mise en valeur. L’art conceptuel dévoile l’art en jouant sur le matériau qui lui est propre, la langue, dont la composante physique - phonème ou morphème - surgit à la conscience à travers les jeux gratuits de langage : les dadaïstes et surréalistes y excellent mettant à nu le cadavre exquis du concept. De sorte qu’on ne devra pas s’étonner de la proximité ironique d’un Magritte avec Kosuth que tout, formellement, semblait opposer.

Par détournement, piratage ou recontextualisation, l’ironiste frappe l’art d’une dérision révélatrice du caractère purement conventionnel de son formalisme. Il l’attaque aussi sur le plan sociologique en mettant en lumière les déterminations extrinsèques de la reconnaissance esthétique : la Fontaine de Duchamp, paradigme du ready-made, évacue l’irréductibilité du génie artistique et le mythe de l’oeuvre unique (ramené à un processus industriel) tout en compissant l’aristocratie du matériau noble. Duchamp, en nominaliste, ramène méthodiquement l’oeuvre à sa dimension prosaïque d’existant social, quitte à en vider l’essence de toute signification. En clair, l’art ne surgit qu’à la mesure d’un processus de reconnaissance et de validation. La réaction ne tarde pas : la prise de conscience du conventionnalisme sociologique n’oblitère nullement la production artistique qui, sans sourciller, renoue avec le réalisme illusionniste avec d’autant plus d’efficacité que l’artiste agit dès lors en toute lucidité. Le désenchantement critique que Duchamp entendait provoquer devient cynisme et sophistication postmodernes. Le travail ironique devra en conséquence porter sur le dernier carré de l’art, à savoir l’artiste lui-même et sa production.

A ce titre, Jacques Lizène nous apparaît emblématique. Se présentant comme un « petit maître liégeois médiocre », Lizène adopte délibérément la posture de l’échec. Nous voyons apparaître, marginalement à l’époque, 1965-1970, un travail opiniâtrement sous-tendu par une volonté d’auto-dénigrement. Il restait cependant dans la ligne d’une production picturale mettant en évidence le subjectile - la toile - et son support matériel - le châssis. Le public était en présence d’un détourage au noir sur fond jaune des châssis ; oeuvres minimalistes - mais sans perfection formelle - parfois malhabilement complétée d’une silhouette humaine, frêle ombre portée. Par la réalisation de tableaux inachevés, montées de temps à autre sur un châssis volontairement voilé, Lizène exprimait sans ambiguïté sa volonté de biaiser la peinture en exposant l’inexposable. Mais rapidement, sa pratique aboutit au renoncement. L’autodestruction de l’artiste commença avec la poursuite d’objectifs impossibles tels la représentation statique du continuum temporel : deux photographies d’horloge, prises à 24 heures d’intervalle, restent indiscernables, mais sont censées illustrer le temps. L’incertitude subvertit les oeuvres : de deux tableaux, l’une est de taille légèrement supérieure, Lizène prend soin de spécifier que l’une est la copie de l’autre, en laissant délibérément le doute sur l’identité de l’original.

Sa production cinématographique est parsemée de projets inaboutis, jugés par leur auteur « inintéressants », « médiocres », « irréalisables », « nuls »... On n’en connaît que leur synopsis élémentaire, séries de propositions énoncées comme gestes artistiques dans les catalogues et les chronologies, et lorsqu’un scénario prend forme, on n’en peut que constater leur caractère dérisoire : un remake jamais concrétisé de l’entrée du train à la Ciotat apparaît comme l’anéantissement de l’art cinématographique puisqu’elle n’aboutit qu’au ressassement du film des frères Lumière. En 1975, sa proposition est de frustrer les visiteurs de la Neue Galerie en fermant du musée au public. Il filme l’intérieur du musée et en projette à l’extérieur, en vidéo, l’image morcelée, fragmentée des oeuvres qui y sont conservées.

Ce nihilisme que constitue cette pratique continue de la médiocrité, à la fois dans et hors du champ artistique, devient une réelle violence lorsqu’il expose le schéma de sa stérilisation : la vasectomie qu’il s’est fait pratiquer est présentée comme une « sculpture interne », déjouant ainsi le caractère productif de l’art en renonçant délibérément à toute procréation. Nihilisme antihumaniste qui affirme espérer que l’humanité s’éteigne, doucement, en cessant de procréer. Le coup devait porter sans doute puisque sa « vasectomie », un schéma sommaire de la ligature des canaux déférents, fut retirée de l’exposition sous ordre du Parquet. C’est dire que l’ironie esthétique que Lizène met en oeuvre ne peut s’assimiler à l’humour. Lizène, tout en se jouant de sa propre renommée, s’engage totalement et la posture nihiliste qu’il adopte vise l’artiste plus que l’art. Sa mise en scène de soi, qu’il qualifie d’art d’attitude, dépasse en subversion l’autodestructivité théâtralisée des actionnistes viennois dans la mesure où l’inachèvement, l’échec, la procrastination se donnent comme les matériaux propres de son projet. Sur un plan strictement technique, les procédés qu’il utilise restent élémentaires - peinture,dessins, vidéos, scénarios - et ne peuvent démontrer qu’un manque rédhibitoire de talent. Mais une telle monstration est paradoxale car elle ne peut aboutir qu’avec la complicité du public, du marché et de l’institution, capables - ruse ultime - de renverser la négativité de l’oeuvre de Lizène par leur acceptation dans le champ artistique.

Ironie du jeu : l’improductivité subversive se mue en production artistique légitimée par le jeu critique qu’elle met en oeuvre. Le marché de l’art se nourrit de son dénigrement. Certes, on ne peut s’attendre à ce que l’oeuvre de Lizène soit portée au pinacle de la cotation, mais l’institution de l’art s’énonce sur le mode ironique en intégrant dans son jeu de langage la radicalité d’une critique supposée définitive. Ne voyons pas là ruse ou mensonge, mais paradoxe inhérente à toute production humaine : le discours de la négativité se concrétise dans une oeuvre affirmant positivement son existence. Mais chez Lizène, l’oeuvre s’efface sous l’attitude : l’artiste se réduit à être le dandy de la médiocrité banlieusarde. Nous sommes, en fin de compte, devant une des figures de l’esthétisation de la vie : c’est « dans l’art et dans la vie » que Lizène affiche sa nullité. Serions-nous devant une simple mise en évidence de la banalité d’un quotidien où tous les actes se trouvent vidés de leur substance, réifiés sous le poids de l’économie toute-puissante ? Lizène s’autoproclame, dans une démarche publicitaire, qui n’est peut être pas étrangère au kitsch de la réclame pour électroménager, affirmant de ses « médiocres peintures » qu’elles mettront « en valeur », dans les salons bourgeois, « le mobilier de qualité ». L’art médiocre, produit d’une activité artistique, mettrait en évidence la qualité d’une vie non productive, c’est à dire d’une vie non inféodée à la rationalité marchande.

Nous connaissons la diversité des stratégies d’artiste pour échapper à cette contradiction fondamentale de l’artiste vecteur de valeurs non marchande mais producteurs de biens marchands à haute valeur ajoutée : proclamations incendiaires, échappatoires extra-institutionnels, production d’oeuvres invendables (mais financées par les sponsors privés ou les institutions culturelles), pratiques de la performance - qui opère un glissement de l’art plastique vers l’art du spectacle - confinant à l’ascèse, dénonciation critique, sous le mode pédagogique ou ironique. Dans le meilleur des cas, ces manoeuvres conduisent à une élucidation de la fonction sociale de l’artiste, sans pouvoir - faute d’une pratique politique intentionnelle - déjouer pleinement les ruses du marché. La plus radicale des protestations sera « cioranesque », énonçant l’inconvénient d’être né et tirant les conséquences de ce constat : mieux vaut ne pas naître comme artiste, mieux vaut ne pas faire de l’art...

Lizène accomplit l’acte suicidaire, tout en contournant prudemment le geste léthal, en une improductivité, symbolisée par sa vasectomie, plus simulée que réelle : car en fin de compte, un catalogue, une chronologie et une bibliographie existent de ses oeuvres, déniant et défiant le projet lizénien. Même l’échec lizénien échoue.

La subversion ironique de l’art est donc une feinte, un détournement du code destinée en dernière analyse à renforcer la position de l’artiste. Tout comme le philosophe simule l’ignorance pour mieux jouer les torpilles, l’artiste déconcerte le spectateur en descendant de son piédestal. Pour ce, il se fait maladroit, improductif, paresseux, feignant d’oublier que c’est son existence elle-même qui, à la faveur de ce simulacre d’inhabileté, devient l’attitude artistique par excellence. Lizène est peut être plus proche de l’esthétisme fin-de-siècle des dandies, que l’on pourrait le croire. Cependant, si le dandy cherche à esthétiser sa vie au nom de l’art, c’est au gré d’un retournement dialectique de la négativité en positivité que Lizène redevient l’artiste qu’il cherche à nier.



L’efficace de la subversion se mesure aux obstacles que rencontrera Lizène pour se faire reconnaître (les refus d’exposition et d’intégration muséales furent nombreux) et à diverses tentatives de censure à l’encontre d’oeuvres sexuellement incorrectes, la « vasectomie » ou « sexe marionnette ». Elle provient moins de la violence du geste que de l’acharnement lizénien à se déconstruire comme sujet. L’aboutissement de la négation de soi confine à l’identification totale avec le matériau que le peintre utilise : il devient « son propre tube de couleur » lorsqu’il use délibérément ses fèces comme pigment, contrôlant son alimentation pour obtenir les nuances chromatiques qu’il désire. Ce faisant, l’artiste ne met pas seulement à plat la jouissance anale de la production artistique, il met en demeure le spectateur de contempler, de toucher, d’acquérir - à prix d’or - l’immondice. C’est toute la production, comme processus d’assimilation et de dégradation du vivant, d’ailleurs mis en scène de manière plus efficace que la commercialisation par Manzoni des boîtes (vides paraît-il) de « mierda d’artista » qui restent dans le champ du simulacre. Avec Lizène, nous nous trouvons face à une oeuvre littéralement « emmerdante ».
Le badaud conclura immédiatement et sera tenté de reléguer l’art contemporain - et ses artistes - dans l’anus mundi d’un siècle trop fertile en exterminations, mais Lizène évite cette dénonciation trop facile : son ironie ne débouche pas en cynisme. S’il nous emmerde, c’est sous le mode d’un décalage rusé du discours de la réussite et de l’échec, ironie certes déconcertante mais qui nous met face, en fin de compte, à l’ennui profond que distille l’illusion dorée et proprette de la culture productrice de nos idoles.

J'éspère avoir été concis...
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Re: [l’art du pénis - arrêt] Pédagogue , démoniste gangréné jusqu'a la moelle

Message  simag le Jeu 20 Sep - 13:34

Duce mes Couettes a écrit:réagir à toutes les blagues ou aux histoires d'enfance de simag
j vous ai raconté la fois ou je me suis cassé la gueule en patin à roulette??
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Re: [l’art du pénis - arrêt] Pédagogue , démoniste gangréné jusqu'a la moelle

Message  Tarissa le Jeu 20 Sep - 15:14

simag a écrit:
Duce mes Couettes a écrit:réagir à toutes les blagues ou aux histoires d'enfance de simag
j vous ai raconté la fois ou je me suis cassé la gueule en patin à roulette??

Même époque que ton viole par un âne non?
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Re: [l’art du pénis - arrêt] Pédagogue , démoniste gangréné jusqu'a la moelle

Message  Tarissa le Jeu 20 Sep - 16:10

Bôrgût a écrit:
Duce mes Couettes a écrit:Peux tu détailler cette partie stp? Merci.
Bôrgût a écrit:







































Feinte d’ignorance, l’ironie socratique produit paradoxalement du savoir. La maïeutique conduit, sous couvert de la naïveté simulée, à la philosophie, c’est-à-dire à une réflexion consciente d’elle-même et des conditions de son advenue. L’ironie artistique procède de même. Par son retrait du savoir-faire, elle déconstruit l’habilité technique de l’artiste, révèle le surcodage des matériaux, de l’esthétique et de l’institution artistique, afin de mettre en évidence - de manière éclatée - l’essence de l’art. On peut affirmer que l’art contemporain, en raison de l’émiettement des avant-gardismes, ne peut être qu'ironique s’il entend maintenir sa fonction critique. Cependant, cette poly-fracture du discours critique et la dispersion des courants nous obligent à réexaminer les stratégies plurielles de l’ironie artistique qui porte tour à tour sur le matériau, le style, l’iconographie ou l’encadrement institutionnel. Globalement, nous pourrions la définir comme attitude déconstructive, une mise à plat de la forme, langage surajouté à un matériau que le savoir-faire dissimule par le geste même de sa mise en valeur. L’art conceptuel dévoile l’art en jouant sur le matériau qui lui est propre, la langue, dont la composante physique - phonème ou morphème - surgit à la conscience à travers les jeux gratuits de langage : les dadaïstes et surréalistes y excellent mettant à nu le cadavre exquis du concept. De sorte qu’on ne devra pas s’étonner de la proximité ironique d’un Magritte avec Kosuth que tout, formellement, semblait opposer.

Par détournement, piratage ou recontextualisation, l’ironiste frappe l’art d’une dérision révélatrice du caractère purement conventionnel de son formalisme. Il l’attaque aussi sur le plan sociologique en mettant en lumière les déterminations extrinsèques de la reconnaissance esthétique : la Fontaine de Duchamp, paradigme du ready-made, évacue l’irréductibilité du génie artistique et le mythe de l’oeuvre unique (ramené à un processus industriel) tout en compissant l’aristocratie du matériau noble. Duchamp, en nominaliste, ramène méthodiquement l’oeuvre à sa dimension prosaïque d’existant social, quitte à en vider l’essence de toute signification. En clair, l’art ne surgit qu’à la mesure d’un processus de reconnaissance et de validation. La réaction ne tarde pas : la prise de conscience du conventionnalisme sociologique n’oblitère nullement la production artistique qui, sans sourciller, renoue avec le réalisme illusionniste avec d’autant plus d’efficacité que l’artiste agit dès lors en toute lucidité. Le désenchantement critique que Duchamp entendait provoquer devient cynisme et sophistication postmodernes. Le travail ironique devra en conséquence porter sur le dernier carré de l’art, à savoir l’artiste lui-même et sa production.

A ce titre, Jacques Lizène nous apparaît emblématique. Se présentant comme un « petit maître liégeois médiocre », Lizène adopte délibérément la posture de l’échec. Nous voyons apparaître, marginalement à l’époque, 1965-1970, un travail opiniâtrement sous-tendu par une volonté d’auto-dénigrement. Il restait cependant dans la ligne d’une production picturale mettant en évidence le subjectile - la toile - et son support matériel - le châssis. Le public était en présence d’un détourage au noir sur fond jaune des châssis ; oeuvres minimalistes - mais sans perfection formelle - parfois malhabilement complétée d’une silhouette humaine, frêle ombre portée. Par la réalisation de tableaux inachevés, montées de temps à autre sur un châssis volontairement voilé, Lizène exprimait sans ambiguïté sa volonté de biaiser la peinture en exposant l’inexposable. Mais rapidement, sa pratique aboutit au renoncement. L’autodestruction de l’artiste commença avec la poursuite d’objectifs impossibles tels la représentation statique du continuum temporel : deux photographies d’horloge, prises à 24 heures d’intervalle, restent indiscernables, mais sont censées illustrer le temps. L’incertitude subvertit les oeuvres : de deux tableaux, l’une est de taille légèrement supérieure, Lizène prend soin de spécifier que l’une est la copie de l’autre, en laissant délibérément le doute sur l’identité de l’original.

Sa production cinématographique est parsemée de projets inaboutis, jugés par leur auteur « inintéressants », « médiocres », « irréalisables », « nuls »... On n’en connaît que leur synopsis élémentaire, séries de propositions énoncées comme gestes artistiques dans les catalogues et les chronologies, et lorsqu’un scénario prend forme, on n’en peut que constater leur caractère dérisoire : un remake jamais concrétisé de l’entrée du train à la Ciotat apparaît comme l’anéantissement de l’art cinématographique puisqu’elle n’aboutit qu’au ressassement du film des frères Lumière. En 1975, sa proposition est de frustrer les visiteurs de la Neue Galerie en fermant du musée au public. Il filme l’intérieur du musée et en projette à l’extérieur, en vidéo, l’image morcelée, fragmentée des oeuvres qui y sont conservées.

Ce nihilisme que constitue cette pratique continue de la médiocrité, à la fois dans et hors du champ artistique, devient une réelle violence lorsqu’il expose le schéma de sa stérilisation : la vasectomie qu’il s’est fait pratiquer est présentée comme une « sculpture interne », déjouant ainsi le caractère productif de l’art en renonçant délibérément à toute procréation. Nihilisme antihumaniste qui affirme espérer que l’humanité s’éteigne, doucement, en cessant de procréer. Le coup devait porter sans doute puisque sa « vasectomie », un schéma sommaire de la ligature des canaux déférents, fut retirée de l’exposition sous ordre du Parquet. C’est dire que l’ironie esthétique que Lizène met en oeuvre ne peut s’assimiler à l’humour. Lizène, tout en se jouant de sa propre renommée, s’engage totalement et la posture nihiliste qu’il adopte vise l’artiste plus que l’art. Sa mise en scène de soi, qu’il qualifie d’art d’attitude, dépasse en subversion l’autodestructivité théâtralisée des actionnistes viennois dans la mesure où l’inachèvement, l’échec, la procrastination se donnent comme les matériaux propres de son projet. Sur un plan strictement technique, les procédés qu’il utilise restent élémentaires - peinture,dessins, vidéos, scénarios - et ne peuvent démontrer qu’un manque rédhibitoire de talent. Mais une telle monstration est paradoxale car elle ne peut aboutir qu’avec la complicité du public, du marché et de l’institution, capables - ruse ultime - de renverser la négativité de l’oeuvre de Lizène par leur acceptation dans le champ artistique.

Ironie du jeu : l’improductivité subversive se mue en production artistique légitimée par le jeu critique qu’elle met en oeuvre. Le marché de l’art se nourrit de son dénigrement. Certes, on ne peut s’attendre à ce que l’oeuvre de Lizène soit portée au pinacle de la cotation, mais l’institution de l’art s’énonce sur le mode ironique en intégrant dans son jeu de langage la radicalité d’une critique supposée définitive. Ne voyons pas là ruse ou mensonge, mais paradoxe inhérente à toute production humaine : le discours de la négativité se concrétise dans une oeuvre affirmant positivement son existence. Mais chez Lizène, l’oeuvre s’efface sous l’attitude : l’artiste se réduit à être le dandy de la médiocrité banlieusarde. Nous sommes, en fin de compte, devant une des figures de l’esthétisation de la vie : c’est « dans l’art et dans la vie » que Lizène affiche sa nullité. Serions-nous devant une simple mise en évidence de la banalité d’un quotidien où tous les actes se trouvent vidés de leur substance, réifiés sous le poids de l’économie toute-puissante ? Lizène s’autoproclame, dans une démarche publicitaire, qui n’est peut être pas étrangère au kitsch de la réclame pour électroménager, affirmant de ses « médiocres peintures » qu’elles mettront « en valeur », dans les salons bourgeois, « le mobilier de qualité ». L’art médiocre, produit d’une activité artistique, mettrait en évidence la qualité d’une vie non productive, c’est à dire d’une vie non inféodée à la rationalité marchande.

Nous connaissons la diversité des stratégies d’artiste pour échapper à cette contradiction fondamentale de l’artiste vecteur de valeurs non marchande mais producteurs de biens marchands à haute valeur ajoutée : proclamations incendiaires, échappatoires extra-institutionnels, production d’oeuvres invendables (mais financées par les sponsors privés ou les institutions culturelles), pratiques de la performance - qui opère un glissement de l’art plastique vers l’art du pénis - confinant à l’ascèse, dénonciation critique, sous le mode pédagogique ou ironique. Dans le meilleur des cas, ces manoeuvres conduisent à une élucidation de la fonction sociale de l’artiste, sans pouvoir - faute d’une pratique politique intentionnelle - déjouer pleinement les ruses du marché. La plus radicale des protestations sera « cioranesque », énonçant l’inconvénient d’être né et tirant les conséquences de ce constat : mieux vaut ne pas naître comme artiste, mieux vaut ne pas faire de l’art...

Lizène accomplit l’acte suicidaire, tout en contournant prudemment le geste léthal, en une improductivité, symbolisée par sa vasectomie, plus simulée que réelle : car en fin de compte, un catalogue, une chronologie et une bibliographie existent de ses oeuvres, déniant et défiant le projet lizénien. Même l’échec lizénien échoue.

La subversion ironique de l’art est donc une feinte, un détournement du code destinée en dernière analyse à renforcer la position de l’artiste. Tout comme le philosophe simule l’ignorance pour mieux jouer les torpilles, l’artiste déconcerte le spectateur en descendant de son piédestal. Pour ce, il se fait maladroit, improductif, paresseux, feignant d’oublier que c’est son existence elle-même qui, à la faveur de ce simulacre d’inhabileté, devient l’attitude artistique par excellence. Lizène est peut être plus proche de l’esthétisme fin-de-siècle des dandies, que l’on pourrait le croire. Cependant, si le dandy cherche à esthétiser sa vie au nom de l’art, c’est au gré d’un retournement dialectique de la négativité en positivité que Lizène redevient l’artiste qu’il cherche à nier.



L’efficace de la subversion se mesure aux obstacles que rencontrera Lizène pour se faire reconnaître (les refus d’exposition et d’intégration muséales furent nombreux) et à diverses tentatives de censure à l’encontre d’oeuvres sexuellement incorrectes, la « vasectomie » ou « sexe marionnette ». Elle provient moins de la violence du geste que de l’acharnement lizénien à se déconstruire comme sujet. L’aboutissement de la négation de soi confine à l’identification totale avec le matériau que le peintre utilise : il devient « son propre tube de couleur » lorsqu’il use délibérément ses fèces comme pigment, contrôlant son alimentation pour obtenir les nuances chromatiques qu’il désire. Ce faisant, l’artiste ne met pas seulement à plat la jouissance anale de la production artistique, il met en demeure le spectateur de contempler, de toucher, d’acquérir - à prix d’or - l’immondice. C’est toute la production, comme processus d’assimilation et de dégradation du vivant, d’ailleurs mis en scène de manière plus efficace que la commercialisation par Manzoni des boîtes (vides paraît-il) de « mierda d’artista » qui restent dans le champ du simulacre. Avec Lizène, nous nous trouvons face à une oeuvre littéralement « emmerdante ».
Le badaud conclura immédiatement et sera tenté de reléguer l’art contemporain - et ses artistes - dans l’anus mundi d’un siècle trop fertile en exterminations, mais Lizène évite cette dénonciation trop facile : son ironie ne débouche pas en cynisme. S’il nous emmerde, c’est sous le mode d’un décalage rusé du discours de la réussite et de l’échec, ironie certes déconcertante mais qui nous met face, en fin de compte, à l’ennui profond que distille l’illusion dorée et proprette de la culture productrice de nos idoles.

J'éspère avoir été concis...

PS : j'ai caché un mot qque part, le trouveras tu?
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Re: [l’art du pénis - arrêt] Pédagogue , démoniste gangréné jusqu'a la moelle

Message  zoum le Jeu 20 Sep - 17:16

simag a écrit:
Duce mes Couettes a écrit:réagir à toutes les blagues ou aux histoires d'enfance de simag
j vous ai raconté la fois ou je me suis cassé la gueule en patin à roulette??

J'suis dégouté de raté ça. Mais bon j'ai vécu des moments en IRL avec simag juste magique.

Ceci dit , j'étais obligé de réagir et de vous partager mes mémoires.

En soirée pas loin de bastille ,un chinois avec une dégaine plus que douteuse , une houppette a l'ancienne style tintin , des bretelles mickey Mad et des chaussures L.A. GEAR ( http://www.youtube.com/watch?v=l7DiwUlnBt4 ) , s'approche de simag :

'' Tu porte une chemise rose , c'est mignon '' (je vous passe la gestuelle de tarlouze)
'' Casse toi d'là , j'suis pas pd '' ( voix bien aigri )

C'était juste l'un de mes meilleurs moments de ma triste vie , juste après le dépucelage de la soeur de tari cet été au camping .

True story bien évidemment .

Sinon gl pour la candid' et désolé de la pourrir avec la vie de mario pig

(désolé simag j'avais promis ... )

Edit : J'ai juste oublier de dire que le chinois en question avait essayer de lui mettre une main au cul , et qu'il a poke simag sur facedebouk .
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Re: [l’art du pénis - arrêt] Pédagogue , démoniste gangréné jusqu'a la moelle

Message  Tarissa le Jeu 20 Sep - 17:54

zoum a écrit:, juste après le dépucelage de la soeur de tari cet été au camping .

Dsl si elle t'as mentie mais ma soeur c'est faite gangbangé par Kanjy et gantha à l'époque SSC, depuis elle a changée, elle porte des culottes grand mères léopard et se fait appeller Randy les week end
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Tarissa

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Re: [l’art du pénis - arrêt] Pédagogue , démoniste gangréné jusqu'a la moelle

Message  Duce mes Couettes le Jeu 20 Sep - 18:17

Bôrgût a écrit:
Duce mes Couettes a écrit:Peux tu détailler cette partie stp? Merci.
Bôrgût a écrit:







































Feinte d’ignorance, l’ironie socratique produit paradoxalement du savoir. La maïeutique conduit, sous couvert de la naïveté simulée, à la philosophie, c’est-à-dire à une réflexion consciente d’elle-même et des conditions de son advenue. L’ironie artistique procède de même. Par son retrait du savoir-faire, elle déconstruit l’habilité technique de l’artiste, révèle le surcodage des matériaux, de l’esthétique et de l’institution artistique, afin de mettre en évidence - de manière éclatée - l’essence de l’art. On peut affirmer que l’art contemporain, en raison de l’émiettement des avant-gardismes, ne peut être qu'ironique s’il entend maintenir sa fonction critique. Cependant, cette poly-fracture du discours critique et la dispersion des courants nous obligent à réexaminer les stratégies plurielles de l’ironie artistique qui porte tour à tour sur le matériau, le style, l’iconographie ou l’encadrement institutionnel. Globalement, nous pourrions la définir comme attitude déconstructive, une mise à plat de la forme, langage surajouté à un matériau que le savoir-faire dissimule par le geste même de sa mise en valeur. L’art conceptuel dévoile l’art en jouant sur le matériau qui lui est propre, la langue, dont la composante physique - phonème ou morphème - surgit à la conscience à travers les jeux gratuits de langage : les dadaïstes et surréalistes y excellent mettant à nu le cadavre exquis du concept. De sorte qu’on ne devra pas s’étonner de la proximité ironique d’un Magritte avec Kosuth que tout, formellement, semblait opposer.

Par détournement, piratage ou recontextualisation, l’ironiste frappe l’art d’une dérision révélatrice du caractère purement conventionnel de son formalisme. Il l’attaque aussi sur le plan sociologique en mettant en lumière les déterminations extrinsèques de la reconnaissance esthétique : la Fontaine de Duchamp, paradigme du ready-made, évacue l’irréductibilité du génie artistique et le mythe de l’oeuvre unique (ramené à un processus industriel) tout en compissant l’aristocratie du matériau noble. Duchamp, en nominaliste, ramène méthodiquement l’oeuvre à sa dimension prosaïque d’existant social, quitte à en vider l’essence de toute signification. En clair, l’art ne surgit qu’à la mesure d’un processus de reconnaissance et de validation. La réaction ne tarde pas : la prise de conscience du conventionnalisme sociologique n’oblitère nullement la production artistique qui, sans sourciller, renoue avec le réalisme illusionniste avec d’autant plus d’efficacité que l’artiste agit dès lors en toute lucidité. Le désenchantement critique que Duchamp entendait provoquer devient cynisme et sophistication postmodernes. Le travail ironique devra en conséquence porter sur le dernier carré de l’art, à savoir l’artiste lui-même et sa production.

A ce titre, Jacques Lizène nous apparaît emblématique. Se présentant comme un « petit maître liégeois médiocre », Lizène adopte délibérément la posture de l’échec. Nous voyons apparaître, marginalement à l’époque, 1965-1970, un travail opiniâtrement sous-tendu par une volonté d’auto-dénigrement. Il restait cependant dans la ligne d’une production picturale mettant en évidence le subjectile - la toile - et son support matériel - le châssis. Le public était en présence d’un détourage au noir sur fond jaune des châssis ; oeuvres minimalistes - mais sans perfection formelle - parfois malhabilement complétée d’une silhouette humaine, frêle ombre portée. Par la réalisation de tableaux inachevés, montées de temps à autre sur un châssis volontairement voilé, Lizène exprimait sans ambiguïté sa volonté de biaiser la peinture en exposant l’inexposable. Mais rapidement, sa pratique aboutit au renoncement. L’autodestruction de l’artiste commença avec la poursuite d’objectifs impossibles tels la représentation statique du continuum temporel : deux photographies d’horloge, prises à 24 heures d’intervalle, restent indiscernables, mais sont censées illustrer le temps. L’incertitude subvertit les oeuvres : de deux tableaux, l’une est de taille légèrement supérieure, Lizène prend soin de spécifier que l’une est la copie de l’autre, en laissant délibérément le doute sur l’identité de l’original.

Sa production cinématographique est parsemée de projets inaboutis, jugés par leur auteur « inintéressants », « médiocres », « irréalisables », « nuls »... On n’en connaît que leur synopsis élémentaire, séries de propositions énoncées comme gestes artistiques dans les catalogues et les chronologies, et lorsqu’un scénario prend forme, on n’en peut que constater leur caractère dérisoire : un remake jamais concrétisé de l’entrée du train à la Ciotat apparaît comme l’anéantissement de l’art cinématographique puisqu’elle n’aboutit qu’au ressassement du film des frères Lumière. En 1975, sa proposition est de frustrer les visiteurs de la Neue Galerie en fermant du musée au public. Il filme l’intérieur du musée et en projette à l’extérieur, en vidéo, l’image morcelée, fragmentée des oeuvres qui y sont conservées.

Ce nihilisme que constitue cette pratique continue de la médiocrité, à la fois dans et hors du champ artistique, devient une réelle violence lorsqu’il expose le schéma de sa stérilisation : la vasectomie qu’il s’est fait pratiquer est présentée comme une « sculpture interne », déjouant ainsi le caractère productif de l’art en renonçant délibérément à toute procréation. Nihilisme antihumaniste qui affirme espérer que l’humanité s’éteigne, doucement, en cessant de procréer. Le coup devait porter sans doute puisque sa « vasectomie », un schéma sommaire de la ligature des canaux déférents, fut retirée de l’exposition sous ordre du Parquet. C’est dire que l’ironie esthétique que Lizène met en oeuvre ne peut s’assimiler à l’humour. Lizène, tout en se jouant de sa propre renommée, s’engage totalement et la posture nihiliste qu’il adopte vise l’artiste plus que l’art. Sa mise en scène de soi, qu’il qualifie d’art d’attitude, dépasse en subversion l’autodestructivité théâtralisée des actionnistes viennois dans la mesure où l’inachèvement, l’échec, la procrastination se donnent comme les matériaux propres de son projet. Sur un plan strictement technique, les procédés qu’il utilise restent élémentaires - peinture,dessins, vidéos, scénarios - et ne peuvent démontrer qu’un manque rédhibitoire de talent. Mais une telle monstration est paradoxale car elle ne peut aboutir qu’avec la complicité du public, du marché et de l’institution, capables - ruse ultime - de renverser la négativité de l’oeuvre de Lizène par leur acceptation dans le champ artistique.

Ironie du jeu : l’improductivité subversive se mue en production artistique légitimée par le jeu critique qu’elle met en oeuvre. Le marché de l’art se nourrit de son dénigrement. Certes, on ne peut s’attendre à ce que l’oeuvre de Lizène soit portée au pinacle de la cotation, mais l’institution de l’art s’énonce sur le mode ironique en intégrant dans son jeu de langage la radicalité d’une critique supposée définitive. Ne voyons pas là ruse ou mensonge, mais paradoxe inhérente à toute production humaine : le discours de la négativité se concrétise dans une oeuvre affirmant positivement son existence. Mais chez Lizène, l’oeuvre s’efface sous l’attitude : l’artiste se réduit à être le dandy de la médiocrité banlieusarde. Nous sommes, en fin de compte, devant une des figures de l’esthétisation de la vie : c’est « dans l’art et dans la vie » que Lizène affiche sa nullité. Serions-nous devant une simple mise en évidence de la banalité d’un quotidien où tous les actes se trouvent vidés de leur substance, réifiés sous le poids de l’économie toute-puissante ? Lizène s’autoproclame, dans une démarche publicitaire, qui n’est peut être pas étrangère au kitsch de la réclame pour électroménager, affirmant de ses « médiocres peintures » qu’elles mettront « en valeur », dans les salons bourgeois, « le mobilier de qualité ». L’art médiocre, produit d’une activité artistique, mettrait en évidence la qualité d’une vie non productive, c’est à dire d’une vie non inféodée à la rationalité marchande.

Nous connaissons la diversité des stratégies d’artiste pour échapper à cette contradiction fondamentale de l’artiste vecteur de valeurs non marchande mais producteurs de biens marchands à haute valeur ajoutée : proclamations incendiaires, échappatoires extra-institutionnels, production d’oeuvres invendables (mais financées par les sponsors privés ou les institutions culturelles), pratiques de la performance - qui opère un glissement de l’art plastique vers l’art du spectacle - confinant à l’ascèse, dénonciation critique, sous le mode pédagogique ou ironique. Dans le meilleur des cas, ces manoeuvres conduisent à une élucidation de la fonction sociale de l’artiste, sans pouvoir - faute d’une pratique politique intentionnelle - déjouer pleinement les ruses du marché. La plus radicale des protestations sera « cioranesque », énonçant l’inconvénient d’être né et tirant les conséquences de ce constat : mieux vaut ne pas naître comme artiste, mieux vaut ne pas faire de l’art...

Lizène accomplit l’acte suicidaire, tout en contournant prudemment le geste léthal, en une improductivité, symbolisée par sa vasectomie, plus simulée que réelle : car en fin de compte, un catalogue, une chronologie et une bibliographie existent de ses oeuvres, déniant et défiant le projet lizénien. Même l’échec lizénien échoue.

La subversion ironique de l’art est donc une feinte, un détournement du code destinée en dernière analyse à renforcer la position de l’artiste. Tout comme le philosophe simule l’ignorance pour mieux jouer les torpilles, l’artiste déconcerte le spectateur en descendant de son piédestal. Pour ce, il se fait maladroit, improductif, paresseux, feignant d’oublier que c’est son existence elle-même qui, à la faveur de ce simulacre d’inhabileté, devient l’attitude artistique par excellence. Lizène est peut être plus proche de l’esthétisme fin-de-siècle des dandies, que l’on pourrait le croire. Cependant, si le dandy cherche à esthétiser sa vie au nom de l’art, c’est au gré d’un retournement dialectique de la négativité en positivité que Lizène redevient l’artiste qu’il cherche à nier.



L’efficace de la subversion se mesure aux obstacles que rencontrera Lizène pour se faire reconnaître (les refus d’exposition et d’intégration muséales furent nombreux) et à diverses tentatives de censure à l’encontre d’oeuvres sexuellement incorrectes, la « vasectomie » ou « sexe marionnette ». Elle provient moins de la violence du geste que de l’acharnement lizénien à se déconstruire comme sujet. L’aboutissement de la négation de soi confine à l’identification totale avec le matériau que le peintre utilise : il devient « son propre tube de couleur » lorsqu’il use délibérément ses fèces comme pigment, contrôlant son alimentation pour obtenir les nuances chromatiques qu’il désire. Ce faisant, l’artiste ne met pas seulement à plat la jouissance anale de la production artistique, il met en demeure le spectateur de contempler, de toucher, d’acquérir - à prix d’or - l’immondice. C’est toute la production, comme processus d’assimilation et de dégradation du vivant, d’ailleurs mis en scène de manière plus efficace que la commercialisation par Manzoni des boîtes (vides paraît-il) de « mierda d’artista » qui restent dans le champ du simulacre. Avec Lizène, nous nous trouvons face à une oeuvre littéralement « emmerdante ».
Le badaud conclura immédiatement et sera tenté de reléguer l’art contemporain - et ses artistes - dans l’anus mundi d’un siècle trop fertile en exterminations, mais Lizène évite cette dénonciation trop facile : son ironie ne débouche pas en cynisme. S’il nous emmerde, c’est sous le mode d’un décalage rusé du discours de la réussite et de l’échec, ironie certes déconcertante mais qui nous met face, en fin de compte, à l’ennui profond que distille l’illusion dorée et proprette de la culture productrice de nos idoles.

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Lol une phrase une faute je ne vous félicite pas monsieur.
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Re: [l’art du pénis - arrêt] Pédagogue , démoniste gangréné jusqu'a la moelle

Message  Spiiid le Ven 21 Sep - 13:38

Tarissa a écrit:
Bôrgût a écrit:
Duce mes Couettes a écrit:Peux tu détailler cette partie stp? Merci.
Bôrgût a écrit:







































Feinte d’ignorance, l’ironie socratique produit paradoxalement du savoir. La maïeutique conduit, sous couvert de la naïveté simulée, à la philosophie, c’est-à-dire à une réflexion consciente d’elle-même et des conditions de son advenue. L’ironie artistique procède de même. Par son retrait du savoir-faire, elle déconstruit l’habilité technique de l’artiste, révèle le surcodage des matériaux, de l’esthétique et de l’institution artistique, afin de mettre en évidence - de manière éclatée - l’essence de l’art. On peut affirmer que l’art contemporain, en raison de l’émiettement des avant-gardismes, ne peut être qu'ironique s’il entend maintenir sa fonction critique. Cependant, cette poly-fracture du discours critique et la dispersion des courants nous obligent à réexaminer les stratégies plurielles de l’ironie artistique qui porte tour à tour sur le matériau, le style, l’iconographie ou l’encadrement institutionnel. Globalement, nous pourrions la définir comme attitude déconstructive, une mise à plat de la forme, langage surajouté à un matériau que le savoir-faire dissimule par le geste même de sa mise en valeur. L’art conceptuel dévoile l’art en jouant sur le matériau qui lui est propre, la langue, dont la composante physique - phonème ou morphème - surgit à la conscience à travers les jeux gratuits de langage : les dadaïstes et surréalistes y excellent mettant à nu le cadavre exquis du concept. De sorte qu’on ne devra pas s’étonner de la proximité ironique d’un Magritte avec Kosuth que tout, formellement, semblait opposer.

Par détournement, piratage ou recontextualisation, l’ironiste frappe l’art d’une dérision révélatrice du caractère purement conventionnel de son formalisme. Il l’attaque aussi sur le plan sociologique en mettant en lumière les déterminations extrinsèques de la reconnaissance esthétique : la Fontaine de Duchamp, paradigme du ready-made, évacue l’irréductibilité du génie artistique et le mythe de l’oeuvre unique (ramené à un processus industriel) tout en compissant l’aristocratie du matériau noble. Duchamp, en nominaliste, ramène méthodiquement l’oeuvre à sa dimension prosaïque d’existant social, quitte à en vider l’essence de toute signification. En clair, l’art ne surgit qu’à la mesure d’un processus de reconnaissance et de validation. La réaction ne tarde pas : la prise de conscience du conventionnalisme sociologique n’oblitère nullement la production artistique qui, sans sourciller, renoue avec le réalisme illusionniste avec d’autant plus d’efficacité que l’artiste agit dès lors en toute lucidité. Le désenchantement critique que Duchamp entendait provoquer devient cynisme et sophistication postmodernes. Le travail ironique devra en conséquence porter sur le dernier carré de l’art, à savoir l’artiste lui-même et sa production.

A ce titre, Jacques Lizène nous apparaît emblématique. Se présentant comme un « petit maître liégeois médiocre », Lizène adopte délibérément la posture de l’échec. Nous voyons apparaître, marginalement à l’époque, 1965-1970, un travail opiniâtrement sous-tendu par une volonté d’auto-dénigrement. Il restait cependant dans la ligne d’une production picturale mettant en évidence le subjectile - la toile - et son support matériel - le châssis. Le public était en présence d’un détourage au noir sur fond jaune des châssis ; oeuvres minimalistes - mais sans perfection formelle - parfois malhabilement complétée d’une silhouette humaine, frêle ombre portée. Par la réalisation de tableaux inachevés, montées de temps à autre sur un châssis volontairement voilé, Lizène exprimait sans ambiguïté sa volonté de biaiser la peinture en exposant l’inexposable. Mais rapidement, sa pratique aboutit au renoncement. L’autodestruction de l’artiste commença avec la poursuite d’objectifs impossibles tels la représentation statique du continuum temporel : deux photographies d’horloge, prises à 24 heures d’intervalle, restent indiscernables, mais sont censées illustrer le temps. L’incertitude subvertit les oeuvres : de deux tableaux, l’une est de taille légèrement supérieure, Lizène prend soin de spécifier que l’une est la copie de l’autre, en laissant délibérément le doute sur l’identité de l’original.

Sa production cinématographique est parsemée de projets inaboutis, jugés par leur auteur « inintéressants », « médiocres », « irréalisables », « nuls »... On n’en connaît que leur synopsis élémentaire, séries de propositions énoncées comme gestes artistiques dans les catalogues et les chronologies, et lorsqu’un scénario prend forme, on n’en peut que constater leur caractère dérisoire : un remake jamais concrétisé de l’entrée du train à la Ciotat apparaît comme l’anéantissement de l’art cinématographique puisqu’elle n’aboutit qu’au ressassement du film des frères Lumière. En 1975, sa proposition est de frustrer les visiteurs de la Neue Galerie en fermant du musée au public. Il filme l’intérieur du musée et en projette à l’extérieur, en vidéo, l’image morcelée, fragmentée des oeuvres qui y sont conservées.

Ce nihilisme que constitue cette pratique continue de la médiocrité, à la fois dans et hors du champ artistique, devient une réelle violence lorsqu’il expose le schéma de sa stérilisation : la vasectomie qu’il s’est fait pratiquer est présentée comme une « sculpture interne », déjouant ainsi le caractère productif de l’art en renonçant délibérément à toute procréation. Nihilisme antihumaniste qui affirme espérer que l’humanité s’éteigne, doucement, en cessant de procréer. Le coup devait porter sans doute puisque sa « vasectomie », un schéma sommaire de la ligature des canaux déférents, fut retirée de l’exposition sous ordre du Parquet. C’est dire que l’ironie esthétique que Lizène met en oeuvre ne peut s’assimiler à l’humour. Lizène, tout en se jouant de sa propre renommée, s’engage totalement et la posture nihiliste qu’il adopte vise l’artiste plus que l’art. Sa mise en scène de soi, qu’il qualifie d’art d’attitude, dépasse en subversion l’autodestructivité théâtralisée des actionnistes viennois dans la mesure où l’inachèvement, l’échec, la procrastination se donnent comme les matériaux propres de son projet. Sur un plan strictement technique, les procédés qu’il utilise restent élémentaires - peinture,dessins, vidéos, scénarios - et ne peuvent démontrer qu’un manque rédhibitoire de talent. Mais une telle monstration est paradoxale car elle ne peut aboutir qu’avec la complicité du public, du marché et de l’institution, capables - ruse ultime - de renverser la négativité de l’oeuvre de Lizène par leur acceptation dans le champ artistique.

Ironie du jeu : l’improductivité subversive se mue en production artistique légitimée par le jeu critique qu’elle met en oeuvre. Le marché de l’art se nourrit de son dénigrement. Certes, on ne peut s’attendre à ce que l’oeuvre de Lizène soit portée au pinacle de la cotation, mais l’institution de l’art s’énonce sur le mode ironique en intégrant dans son jeu de langage la radicalité d’une critique supposée définitive. Ne voyons pas là ruse ou mensonge, mais paradoxe inhérente à toute production humaine : le discours de la négativité se concrétise dans une oeuvre affirmant positivement son existence. Mais chez Lizène, l’oeuvre s’efface sous l’attitude : l’artiste se réduit à être le dandy de la médiocrité banlieusarde. Nous sommes, en fin de compte, devant une des figures de l’esthétisation de la vie : c’est « dans l’art et dans la vie » que Lizène affiche sa nullité. Serions-nous devant une simple mise en évidence de la banalité d’un quotidien où tous les actes se trouvent vidés de leur substance, réifiés sous le poids de l’économie toute-puissante ? Lizène s’autoproclame, dans une démarche publicitaire, qui n’est peut être pas étrangère au kitsch de la réclame pour électroménager, affirmant de ses « médiocres peintures » qu’elles mettront « en valeur », dans les salons bourgeois, « le mobilier de qualité ». L’art médiocre, produit d’une activité artistique, mettrait en évidence la qualité d’une vie non productive, c’est à dire d’une vie non inféodée à la rationalité marchande.

Nous connaissons la diversité des stratégies d’artiste pour échapper à cette contradiction fondamentale de l’artiste vecteur de valeurs non marchande mais producteurs de biens marchands à haute valeur ajoutée : proclamations incendiaires, échappatoires extra-institutionnels, production d’oeuvres invendables (mais financées par les sponsors privés ou les institutions culturelles), pratiques de la performance - qui opère un glissement de l’art plastique vers l’art du pénis - confinant à l’ascèse, dénonciation critique, sous le mode pédagogique ou ironique. Dans le meilleur des cas, ces manoeuvres conduisent à une élucidation de la fonction sociale de l’artiste, sans pouvoir - faute d’une pratique politique intentionnelle - déjouer pleinement les ruses du marché. La plus radicale des protestations sera « cioranesque », énonçant l’inconvénient d’être né et tirant les conséquences de ce constat : mieux vaut ne pas naître comme artiste, mieux vaut ne pas faire de l’art...

Lizène accomplit l’acte suicidaire, tout en contournant prudemment le geste léthal, en une improductivité, symbolisée par sa vasectomie, plus simulée que réelle : car en fin de compte, un catalogue, une chronologie et une bibliographie existent de ses oeuvres, déniant et défiant le projet lizénien. Même l’échec lizénien échoue.

La subversion ironique de l’art est donc une feinte, un détournement du code destinée en dernière analyse à renforcer la position de l’artiste. Tout comme le philosophe simule l’ignorance pour mieux jouer les torpilles, l’artiste déconcerte le spectateur en descendant de son piédestal. Pour ce, il se fait maladroit, improductif, paresseux, feignant d’oublier que c’est son existence elle-même qui, à la faveur de ce simulacre d’inhabileté, devient l’attitude artistique par excellence. Lizène est peut être plus proche de l’esthétisme fin-de-siècle des dandies, que l’on pourrait le croire. Cependant, si le dandy cherche à esthétiser sa vie au nom de l’art, c’est au gré d’un retournement dialectique de la négativité en positivité que Lizène redevient l’artiste qu’il cherche à nier.



L’efficace de la subversion se mesure aux obstacles que rencontrera Lizène pour se faire reconnaître (les refus d’exposition et d’intégration muséales furent nombreux) et à diverses tentatives de censure à l’encontre d’oeuvres sexuellement incorrectes, la « vasectomie » ou « sexe marionnette ». Elle provient moins de la violence du geste que de l’acharnement lizénien à se déconstruire comme sujet. L’aboutissement de la négation de soi confine à l’identification totale avec le matériau que le peintre utilise : il devient « son propre tube de couleur » lorsqu’il use délibérément ses fèces comme pigment, contrôlant son alimentation pour obtenir les nuances chromatiques qu’il désire. Ce faisant, l’artiste ne met pas seulement à plat la jouissance anale de la production artistique, il met en demeure le spectateur de contempler, de toucher, d’acquérir - à prix d’or - l’immondice. C’est toute la production, comme processus d’assimilation et de dégradation du vivant, d’ailleurs mis en scène de manière plus efficace que la commercialisation par Manzoni des boîtes (vides paraît-il) de « mierda d’artista » qui restent dans le champ du simulacre. Avec Lizène, nous nous trouvons face à une oeuvre littéralement « emmerdante ».
Le badaud conclura immédiatement et sera tenté de reléguer l’art contemporain - et ses artistes - dans l’anus mundi d’un siècle trop fertile en exterminations, mais Lizène évite cette dénonciation trop facile : son ironie ne débouche pas en cynisme. S’il nous emmerde, c’est sous le mode d’un décalage rusé du discours de la réussite et de l’échec, ironie certes déconcertante mais qui nous met face, en fin de compte, à l’ennui profond que distille l’illusion dorée et proprette de la culture productrice de nos idoles.

J'éspère avoir été concis...

PS : j'ai caché un mot qque part, le trouveras tu?

SPOTTED

Spiiid

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Re: [l’art du pénis - arrêt] Pédagogue , démoniste gangréné jusqu'a la moelle

Message  Tarissa le Sam 22 Sep - 9:32

Pour clore ce jeux fantastique et cette apply : [en test]
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Tarissa

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Re: [l’art du pénis - arrêt] Pédagogue , démoniste gangréné jusqu'a la moelle

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